La notion de Téwâfouq dans le Saint-Coran – ou convenance / symétrie

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La notion de « TÉWÂFOUQ » dans le SAINT-CORAN – ou convenance / symétrie

Le CORAN est la parole divine d’Allah, le Seigneur des Mondes. Chacun de ses chapitres et de ses versets en font un « Océan de Miracles ». Il est donc l’Interprétation Éternelle du Grand Livre de l’Univers.

Comme le Grand Livre de l’Univers est l’œuvre du pouvoir divin, toutes les autres créations témoignent de la perfection de l’unicité du Créateur. De la moindre molécule jusqu’au soleil, d’une minuscule aile de moustique jusqu’aux étoiles célestes ; toutes ces merveilles de l’univers soumettent sans exception à nos intelligences éberluées un ordre où tout n’est qu’en osmose : rien n’est sans raison, et tout est à sa place.

De même que le Saint-Coran qui résulte de la caractéristique divine « Kalâm », toutes ses sourates, tous ses versets, et encore, tous ses mots et toutes ses lettres, chargés de sens et de sagesse, dotés de pleines lumières et d’innombrables aspects miraculeux, témoigne d’immenses secrets divins et démontre de grandes et étonnantes vérités, lesquelles prouvent dans leur ensemble la divinité du Coran : parole d’Allah.

Le Saint-Coran qui est la déclaration des miracles, s’adresse par ses merveilles à toutes couches de l’humanité et à toutes périodes de l’histoire. Chacun retrouve dans cette source de miracles, un degré variable de compréhension, des évènements extraordinaires adéquats à sa profession, à sa connaissance et à son approche. La méthode de compréhension de ses miracles est tellement variable qu’ils peuvent être perçus différemment par un savant et par un adorateur d’Allah.

Le Coran est miraculeux non seulement de par son contenu mais aussi de par sa forme.
Par exemple, la couche non voyante décrite également comme étant « la couche de l’ouï », ne peut qu’écouter le Coran et ne peut comprendre son sens miraculeux que par la voie sensorielle. Ainsi, dit-elle : « le Coran que j’entends ne ressemble guère aux autres livres. Donc, il doit être ou au-dessus de tous ou en-dessous. Comme personne, même pas le diable, ne pouvaient prétendre qu’il serait au-dessous de tous les livres ; il est alors situé au- dessus des autres ».

Comme dans cet exemple, le Saint-Coran possède notamment un aspect miraculeux pour « une couche voyante ». C’est-à-dire, tout être humain de bonne foi n’ayant pas détourné son regard, son intelligence, ni dévié son cœur de la vérité divine du Saint-Coran, ne cessera de dire : « ceci n’est point une œuvre de l’homme ! » à l’observation du style et de la calligraphie du Saint-Coran. Comme l’en ont témoigné et affirmé beaucoup de gens.

Kayıshzadé Hafiz Osman Nuri Efendi (décédé en 1311 Hégire), est l’un des grands calligraphes de l’Art musulman. Ce dernier fut l’auteur d’un nouveau style appelé « Ayât Berkénar » lors de la rédaction du Coran. Il avait pris le plus long verset (2/282), comme mesure pour une page ; et avait choisi les sourates les plus courtes : la Piété (Ikhlâs) et l’Abondance (Kawsar) comme mesure pour une ligne de page coranique. Cette belle présentation calligraphique des pages et des versets du Coran qui commencent et qui finissent en harmonie, ne peut, en aucun cas, être un hasard ; car, le Coran contient des sourates et des versets très variables d’un point de vue de leur longueur.

La perfection de cet ordre et cette symétrie lexicale dans le Coran démontrent ouvertement l’origine divine de l’œuvre, et prouve par là même l’incapacité de l’être humain dans ce domaine ; et toutes ces beautés calligraphiques évidentes appartiennent directement au Saint-Coran.

Le Maître Bédiuzzaman Saïd Nursî (1876-1960) attire l’attention de ses disciples, chargés de reproduire la rédaction du Coran, sur le fait qu’il y existe bel et bien une particularité de « convenance » quant à Sa calligraphie. Cette dernière constitue une preuve irréfutable quant à son origine divine. Cette particularité de convenance calligraphique du Coran, à savoir, cette symétrie lexicale inhérente, est nettement visible non seulement dans les pages mais aussi à travers toutes ses lettres.

QU’EST-CE QUE LA NOTION DU TÉWÂFOUQ – Convenance en symétrie lexicale inhérente ?

Le mot « téwâfouq » correspondant en français au mot « convenance » défini dans le dictionnaire comme « le fait de se conformer aux usages et d’être en osmose ; caractère de ce qui convient à sa destination». Ce terme connote une certaine adéquation et une symétrie.

Il y a là une manifestation du charme quant à l’objectif et à la volonté d’Allah dans tous les phénomènes, petits ou grands. Car, tout se déroule par Son désir et Sa volonté. Tout cela démontre que : « il n’y a véritablement pas lieu au hasard dans l’univers ! ». A l’essence, toutes ces sciences profanes sont les éléments constitutifs de cet ordre si bien établi dans tout l’univers. Toutes ces vérités démontrent la composition et la constitution adéquates de toute chose dans une merveilleuse conformité et une surprenante harmonie, grâce à une convenance – une symétrie inhérente – dite le « téwâfouq ».

Le Téwâfouq étant le fait d’être en osmose avec même les plus petits éléments, sa présence se manifeste d’une manière spectaculaire dans le Saint-Coran à travers tous ses versets et toutes ses lettres.

Dans le but de montrer cette particularité calligraphique miraculeuse du Saint-Coran à l’être humain, devenu de plus en plus cartésien et profondément matérialiste, Bédiuzzaman Saïd Nursî donne à chacun de ses dix disciples-rédacteurs 3 chapitres du Saint-Coran, afin de les mettre en exergue.

Pour mener à bien leur tâche, il leur recommande de se référer au Saint-Coran reproduit par Hafiz Osman dont chaque page contient 15 lignes ; ensuite, il leur conseille de se laisser guider par leur propre manière calligraphique dans une totale piété ; et enfin, il leur rappelle ceci : « ne laissez pas vos sentiments s’y mêler ! N’enlevez pas ce qui existe ! ».

Ses disciples, dont la plupart sont hafizs, hodjas ou enseignants en calligraphie arabe, comme Ali Hafiz, Hodja Khalid, Muallim Galip, Hodja Sabri, Hafiz Zuhdu, Tigli Hakki et Shamli Hafiz Tevfik , ainsi qu’Ahmed Husrev Efendi, son plus proche disciple, ont tous proposé de reproduire le Saint-Coran en Téwâfouq. Ils ont ainsi présenté au Maître les copies qu’ils ont reproduites. Après une étude très approfondie, Le Maître Bédiuzzaman Saïd Nursî annonça le résultat de cet essai de reproduction du Saint-Coran en Téwâfouq : « le Téwâfouq s’est mis en évidence dans le style calligraphique de Husrev, qui lui est resté fidèle. J’avais recommandé de ne pas y mêler votre habilité personnelle ! De là, on comprend que la plus grande habilité est de ne pas nuire au Téwâfouq ! Puisqu’il y est déjà présent ».

Dans cette copie manuscrite du Saint-Coran, les 2806 mots d’ « Allah » sont tous inscrits d’une manière harmonieuse. Ils se situent souvent l’un en dessous de l’autre, face à face sur la même page, voire opposés et dos à dos. Cette convenance/symétrie se retrouve de manière étonnante dans différentes pages ; autrement-dit, elles sont en « Téwâfouq » les unes avec les autres.

De même, beaucoup de verbes, issus d’une même racine, des synonymes ou bien des mots qui se confirment entre eux, remplis de sens et de sagesses, se rejoignent dans une magnifique régularité.

Cette belle harmonie se présente d’une façon telle que le Maître Bédiuzzaman l’exprime ainsi : « la raison qui la conçoit ne peut dire que : « Subhanallah ! », le cœur qui l’assimile : « Barak Allah ! », et enfin les yeux qui la voient : « Masha Allah ! »
Ainsi, le titre de calligraphe du Saint-Coran en Tawafouq est décerné à Ahmed Husrev Altınbaşak !

Bédiuzzaman Saïd Nursî exprime son contentement sur le style calligraphique de Husrev Efendi dans ses différentes lettres comme suit : « Ô cher Husrev, l’honorable, l’honnête et le fidèle, qui nous a démontré par sa magnifique calligraphie les aspects miraculeux du Saint-Coran, et qui récolte ainsi bons nombres d’œuvres méritoires ».